31.1.10

Lunaire

Ce matin, quand je me suis réveillé, j'étais loin...

Je venais de participer à une course de 10km. Puis j'avais couru de l'arrivée au départ...et je m'apprêtais à repartir pour un autre 10km! Signe qu'il était temps que je coure!

En fait, j'avais prévu courir samedi matin, mais le froid intense et un souper à préparer, m'avaient gardé à l'intérieur. Je me demande si mon ami Haruki Murakami serait sorti à -25 C. Peut-être dans un élan de folie passagère...

Ce matin, je ne pouvais pas me défiler...et j'allais enfin pouvoir essayer mes nouvelles mitaines de course! Mais il me fallait une trame musicale pour supporter le froid. J'ai mis une sélection de Amon Tobin, DJ Mini, M.I.A., White Stripes et je suis parti.

Dans le parc Jarry, il y a habituellement des chiens, des coureurs et des poussettes. Ce matin, j'ai croisé un chien, une coureure, mais pas de poussette. À cette tempérarure, c'est le vent qui tue et dans le parc Jarry, le vent ne tue pas, il assassine. J'ai fait peut-être un kilomètre avant que mes orteils me rappellent que le froid, ça gèle. Lorsque j'ai regardé autour de moi, il n'y avait que du gris, du blanc et de la glace. Je me croyais sur un satellite de Jupiter. Pour assurer ma survie, j'ai quitté le parc pour les rues de Villeray, ce qui a permis à mes orteils de revenir à la vie.

Mais pourquoi s'acharner à courir dehors l'hiver?

Une fois qu'on a couru dehors l'hiver, la réponse est tellement évidente...l'air clair, le craquement de la neige, la solitude...mais surtout...pour le sentiment d'être un peu fou.

2 commentaires:

Nathalie a dit...

J'ai beaucoup aimé ton texte...

Courir est une sorte de drogue, de dépendance... Le bonheur que courir procure est électrifiant, libérateur, jubilatoire. Et on dirait que de courir dans des conditions plus difficiles ne fait qu'accroitre ces sensations.

Je repense à un extrait de l'Autoportrait de l'auteur en coureur de fond de Murakami, alors qu'il court sous une chaleur torride: "La peau est irritée, brulée par le soleil. On se sent la tête vide. Impossible de penser à quoi que ce soit d'un peu consistant. Pourtant, quand on a le courage de continuer à courir, on parvient à faire jaillir de soi une sorte de fraicheur désespérée, comme si on s'était pressé et tordu le corps, jusqu'au coeur."

Lorsqu'on court dans un paysage lunaire, dans un froid intense, la peau n'est pas brulée par le soleil mais par le vent, ça n'est pas une fraicheur mais une chaleur qui jaillit... Mais le bonheur est le même...

Félix-Étienne Trépanier a dit...

On dirait aussi que de courir dans des conditions hors de l'ordinaire, légèrement plus difficiles, permet de nous affirmer encore plus fortement comme coureur. De voir que peu de gens osent ou on le courage de le faire, démontre à quel point la course est importante pour nous.

On passe sa vie à se demander qui on est...mais pendant que l'on court contre les éléments, pendant que tous nos efforts servent à faire bouger notre corps et que notre concentration se bat contre l'inconfort...on sait que, à ce moment là, on est un coureur.